22 août 2010

13 août 2010

The Rapture, Omar Souleyman, tUne-YarDs, The Death Set

Terrasse du palais des festivals, 12 Août 2010.

"Cannes, deuxième jour du festival".

Une soirée pleine de bonnes surprises, placée sous le signe de la découverte et de l'inattendu.
Ayant déjà vu deux fois The Rapture et ne connaissant pas le reste de l'affiche, ma venue s'est un peu décidée au dernier moment, enthousiasmé par la soirée de la veille.

Les sales gosses de The Death Set ouvrent le bal devant un public clairsemé et sans doute pas préparé à une telle baffe.

Drôle de groupe basé à Brooklyn, qui évoque des Beastie Boys circa Licensed to Ill qui auraient le même dealer que les Sleigh Bells.

Le trio joue un punk abrasif mâtiné de hip hop cradingue, avec un batteur sosie de Lil Jon, un guitariste taciturne et un leader qui vocifère et gesticule dans tous les sens, renverse tout sur son passage au grand dam des techniciens sur le qui-vive, escalade le montant gauche de la scène.

Du gros n'importe quoi bourré de samples crunk et de guitares papier de verre aussi agressives que jouissives.
Ils finissent avec une reprise du "Territorial Pissings" de Nirvana version déchiquetée, comme si l'originale ne l'était déjà pas assez.

Un petit tour du coté dj, ce soir ce sont les filles d'In The Garage qui ambiancent avec de l'electro punk allant de FM Belfast à des oldies style Gang Of Four, classe.

Le deuxième groupe est un duo encore plus étonnant, c'est même un des concerts les plus étranges vus depuis longtemps.
Impossible d'étiquetter la musique de tUne-YarDs, mais passionnant à regarder.
Un bassiste somme toute très discret et surtout une chanteuse hors norme, dont le chant vertigineux peut aussi bien sonner Africain ou Tyrolien.

Photo © NewRelease.fr

Multi instrumentiste, elle est très à l'aise pour démultiplier via des pédales sampler des sonorités tribales et hypnotiques.
Elle martyrise aussi une mini guitare mais c'est surtout avec ses percussions qu'elle construit des échafaudages soniques qui s'avèrent étonnamment mélodiques.

Une écoute de son dernier album en écrivant cette chronique me pousse à conseiller de la voir d'abord en live.
En effet, aucun enregistrement ne peut vraiment retranscrire et rendre justice à sa performance hautement expérimentale.

Sans conteste la révélation de ce deuxième soir.



Quoique la programmation d'Omar Souleyman juste avant la tête d'affiche est sacrément culottée, sa musique de mariage extirpée de Syrie semble à la base bien éloignée des autres groupes du soir.


Chose peu commune, c'est le boss du label Sublime Frequencies spécialisé dans les curiosités world, qui vient présenter le bonhomme et ses musiciens.
Lunettes noires, moustache et Keffieh, le choc est d'abord visuel et la lente incantation des premières minutes laisse le public médusé.

Mais très vite, on comprend la hype qui l'entoure depuis ses premières dates en occident : accompagné d'un guitariste frénétique et d'un clavieriste/beatmaker inventif qui a du écouter beaucoup de house, folklorique ou pas ce Dabke, c'est sacrément dansant.
Il faut le voir pour le croire, l'hystérie s'empare des premiers rangs qui sautent avec frénésie sur ces chansons dépaysantes et diablement efficaces.

Tout le monde n'est pas forcément accroc, ce qui est bien normal, mais l'ambiance est globalement surréaliste et ne retombe jamais.

Pas forcément quelque chose que j'écouterai en boucle ensuite mais une prestation marquante et recommandée.

Du coup avec tous ces ovnis sonores, le concert final de The Rapture aura été en comparaison sans aucune surprise. Mais néanmoins excellent.

Photo © NewRelease.fr

On pouvait s'interroger de la tournure qu'allait prendre la formation après le départ du bassiste et co-chanteur Matt Safer, s'inquiéter un peu de ce que le groupe avait dans le ventre après plusieurs années de silence radio.

Eh bien si le coté un peu DIY de leurs débuts semble avoir disparu, le combo a gagné en efficacité et les morceaux que l'on connaît pourtant par cœur s'en trouvent encore améliorés.

La version de "Killing" de ce soir en est un bon exemple, tout comme l'enchainement tueur "Whoo! Alright, Yeah…Uh Huh" / "House of jealous lovers".


Un petit inédit en attendant l'album prévu en 2011, "Sail away", pas mal, et puis un titre pas encore entendu en live, le très r'n'b "No sex for Ben" apparu sur une B.O. de jeu vidéo il y a une paire d'années.

Si le set était résolument rock, c'est quand même avec leur très new wave "Olio" qu'ils quittent la scène non sans nous avoir fait bruler moult calories une heure durant.

Décidément une chouette soirée.

12 août 2010

The Raveonettes, Poni Hoax, Local Natives, Errors

Terrasse du palais des festivals, 11 Août 2010.

"Cannes, premier jour du festival".

Malgré sa promiscuité et ses affiches souvent à mon goût, je ne m'étais pas rendu à Pantiero depuis 2006 et son enchainement fou fou fou dans le sud Chk Chk Chk + Tv On The Radio puis Modeselektor + Dizzee Rascal.
Les noms de cette année me parlent à priori moins mais ça fait des années que je rêve de voir les Raveonettes, groupe crucial des 00's, aussi sous estimé que rare en France.
Les autres groupes programmés avaient chacun leurs qualités mais les Danois justifiaient à eux seul le déplacement.

La soirée commence à 20 heures pétantes avec les Écossais Errors.
Leur musique est 100% instrumentale et lorgne vers un post-rock à la Trans Am / Battles, agréable mais pas bien transcendant.
L'ennui avec ce type de formation, ce que l'on a rapidement d'entendre le même morceau pendant tout le concert.
Un bon morceau certes, avec des montées efficaces et des idées de production intéressantes, mais assez anodin au final.

Les changements de plateau sont rythmé par par les sélections d'Anticlimax, bien connu des clubs Marseillais, qui joue des remixes boum boum de Ting Tings ou Inner City en face du bar.
Et chose rarement vue ailleurs, la pelouse synthétique de la terrasse est nettoyée de ses mégots et papiers entre chaque concert.

Les Local Natives viennent eux de Los Angeles et leur joli album "Gorilla Manor" a été particulièrement bien reçu en début d'année.

Photo © NewRelease.fr


Sur scène leur son est nettement moins calme que sur disque, leur blues folk se fait plus nerveux, plein d'emphase, de dynamisme.
Avec deux batteries le contraire aurait été étonnant, et leurs voix (certes pas toujours très justes) à l'unisson emportent l'adhésion.

Et puis des neo beatniks qui incluent dans leur set une reprise enlevée du "Warning sign" des Talking Heads méritent bien le succès rencontré ce soir.

La suite avec Poni Hoax est moins heureuse, c'est un groupe objectivement talentueux que j'aimerais aimer mais dont je n'ai jamais supporté la voix du chanteur.
Après les avoir raté à chacune de leurs dates à Marseille, c'était l'occasion idéale de les réévaluer, peine perdue.

Un son assez cataclysmique et quelques morceaux accrocheurs mais un frontman théâtral au possible qui ruine tous les efforts de ses compagnons de jeu avec des vocalises bien crispantes.

Bon le diptyque orienté dancefloor qu'est "Budapest" (le titre qui les a révélé, avec une chanteuse nettement plus subtile) et "Antibodies" m'a ravi, mais sur la durée du set ça fait peu.

On profite de l'éparpillement du public à cette heure tardive pour se placer au premier rang, en regrettant que la barrière soit aussi éloignée de la scène.
Et après une attente interminable, le frisson peut commencer.

Si j'ai la chance de voir beaucoup de bons concerts dans l'année il est quand même rare qu'un groupe que je vénère passe dans le coin.
Ce compte rendu ne sera donc absolument pas objectif, juste un ressenti de fan transi.

Jamais compris que le duo formé par le ténébreux Sune Rose Wagner et l'intimidante Sharin Foo n'ait jamais connu ne serait-ce que le dixième d'éclairage médiatique des White Stripes, Kills ou XX pour ne citer que les bons.

Photo © NewRelease.fr


Je souhaite bien du bonheur aux kids des années 2050 qui se pencheront sur la discographie mirobolante des Raveonettes, du maxi époustouflant "Whip it on" (2002) au lumineux "In And Out Of Control"
(2009), le choc sera à la hauteur de leur injuste anonymat.
Bon c'est quand même la tête d'affiche ce soir, et en une heure bien trop courte ils auront fait voler en éclat ces basses considérations.

Un peu peur lors des deux premiers morceaux, le son des guitares est tellement saturé que leurs filets de voix sont à peine audibles, notamment lors du terrassant "Attack of the ghostriders", mais ça s'améliore rapidement.
Même si le set est court, les classiques sont au rendez vous : "That Great Love Sound", "Dead sound", "Last dance", "Love in a trashcan".

Aussi bien sur scène que sur disque le traitement shoegaze de mélodies pop évoque une fin du monde explosive et parfaite, susurrée par des voix célestes qu'on distingue sous plusieurs couches de riffs papier verre, rehaussés par une batterie martiale ou soulignés par une simple ligne de basse.
A la fois minimaliste et énorme, des déflagrations irrésistibles qui contrastent avec leur présence somme toute très statique.

Une heure peut passer extrêmement vite quand elle est menée de main de maître par de tels orfèvres alors on est forcément déçu de ne pas les revoir pour un rappel, format festival oblige.
Mais ce court moment qui a éclipsé tout le reste ne suscite chez les aficionados qu'admiration, gratitude et envie de les revoir.
Et vite.

1 août 2010

Selection de Juillet 2010

En attendant la reprise de l'émission, un petit mix entre nu disco, electropop et dubstep.
Le lien pour le télécharger est dans les commentaires.
Bonne écoute.

BORGORE "My favorite tingz"
BRENDA LEE "I’m Sorry" (Woodhead & Blenda Dubstep Remix)
AEROPLANE "We can't fly"
GOLDFRAPP "Alive" (Joakim remix)
SCISSOR SISTERS "Something like this"
JAMIE LIDELL "I Wanna Be Your Telephone" (Tiga Party Like it's 19909 remix)
TWO DOOR CINEMA CLUB "What you know" (Cassian remix)
THE KRAYS "We're Ready When You Are" (ft. Ebony Bones)
MARINA & THE DIAMONDS "I Am Not A Robot" (Penguin Prison Remix)
DARWIN DEEZ "Up in the clouds" (Mr Flash remix)
DAN LE SAC VS SCROOBIUS PIP "Sick Tonight" (Doctor P remix)
M.I.A. "Xxxo" (Riton Rerub)
ROBYN "Dancing on my own" (Buraka Som Sistema remix)

30 juil. 2010

Phoenix + Babyshambles + Metronomy + Skip The Use

28 Juillet 2010, Six Fours Les Plages

Ayant bêtement raté Phoenix lors de leur récent passage sold out au Docks des Suds, l'annonce de cette soirée de rattrapage au Gaou fut une excellente nouvelle, encore plus alléchante avec l'ajout de Metronomy.

Suffisamment motivant en tout cas pour poser un jour de congé exprès et faire passer massivement le mot autour de mes amis véhiculés ou non.
S'il restait des places à vendre le jour même, l'imposante jauge du site (magnifique, on ne le répétera jamais assez) est néanmoins pleine à craquer.

Comme on pouvait s'y attendre avec les têtes d'affiches la moyenne d'age du public est très jeune, et coté fans si on se base sur les t-shirts croisés, beaucoup étaient là pour le groupe de Doherty.

19h30, début des festivités avec le seul groupe qui m'était inconnu au bataillons, les Lillois de Skip The Use.
S'il y avait une touche skip pour zapper certains titres, j'en aurais abondamment usé, leur rock fusion à la Red Hot / FFF ne me parlant pas des masses.

Le succès est néanmoins au rendez vous, leurs riffs graisseux et lignes de basses bondissantes font rapidement monter l'ambiance dans les premiers rangs.
Et on ne pourra pas dire que leur chanteur, improbable croisement entre Tricky et Jessy Matador, fasse de la figuration : c'est une bête de scène qui crie, danse, saute de partout.
Ne leur manque qu'un vrai tube à la "Allez Ola Olé" pour m'embarquer dans leur trip.

Des tubes imparables, Metronomy en a plein son album "Nights out" qui continue deux ans après à s'incruster régulièrement dans mes playlists.
Ce n'est pas tout à fait la formation initiale qui officie ce soir devant une assistance relativement réceptive.
Si Joseph Mount reste toujours maitre à bord avec l'habituel Oscar Cash au clavier et saxo, se sont rajoutés la belle Anna Prior à la batterie, et le non moins élégant Gbenga Adelekan à la basse.


Une formule plus "live" et moins electro, mais qui s'avère toujours aussi bigarrée, difficile parfois de les suivre tant leurs mélodies sont tordues et semblent malléables à l'infini.

Ils ne sont très charismatiques ni des chanteurs exceptionnels mais que d'idées à la minute, quel sens du groove patraque, de la mélancolie poisseuse ET entrainante.

Leur show n'est peut être pas des plus adaptés à une si grande scène mais il est souvent jouissif : ces "Heartbreaker", "Radio Ladio" ou "On dancefloors" entrecoupés d'étranges interludes installent une drôle d'ambiance et pour ma part donné très envie de les revoir dans un cadre plus intimiste.

La suite est logiquement plus convenue, mais on ne va pas bouder son plaisir pour autant, si je n'ai jamais réussi à écouter en entier un album des Babyshambles, je dois à une de leurs fans un de mes plus gros fou rires de ces dernières années.



Gag qui n'aura pas lieu ce soir, non seulement Pete et ses vieux briscards de faire valoir n'ont pas annulé au dernier moment, mais il vont nous les briser pendant une heure pleine.
Le temps d'essayer de comprendre la fascination qu'exerce l'enfant terrible du Rock Anglais.
Sa prestation nonchalante, limite fantomatique, qui ferait passer Higelin pour Jagger, n'est pas si mauvaise que redoutée, juste ennuyeuse.

Ça pourrait être amusant à écouter après un West Ham / Wolverhampton moisi en finissant un fish and chips tiède, ça l'est un peu moins en attendant de pied ferme nos chers Versaillais.

Surtout lors des morceaux laidback même pas sauvés par l'apparition régulière de ballerines drapées aux couleurs de l'Union Jack, seul vraie surprise de leur concert ô combien prévisible.

Ah oui il y a aussi ces intros piquées aux Cure et à Joy Division, au cas on aurait pas compris qu'ils l'aiment d'amour ce rock Britannique au point d'en réciter les riffs cultes dans chacun de leurs morceaux.

Enfin en étant tout à fait honnête quelques singles m'ont fait taper du pied comme attendu, de l'inaugural "Delivery" au toujours très bon "Killamangiro" (le plus Libertines du lot) mais vous lirez probablement des compte rendu beaucoup plus enthousiastes que le mien.

Allez, il fait maintenant nuit et le clou de la soirée arrive enfin, après une sélection frenchy des plus raffinées (Gainsbourg, Birkin, "La ritournelle" de Tellier...).
Car on l'oublierait presque qu'ils sont Français, tant Phoenix cartonne jusqu'aux Etats Unis en faisant triompher une pop décomplexée et terriblement efficace, nous vengeant de décennies de machins impropres à l'export.

Le premier quart d'heure est sans doute la meilleure entame de concert vues depuis la grand époque de feu Supergrass : "Lisztomania" + "Lasso" + "Consolation Prizes" + "Long Distance Call", pas sûr de l'ordre exact mais enchainés d'entrée et sans temps mort c'est tout simplement énorme.

Les titres les plus souples du style "Fences" ou "Girlfriend" passent très bien avant que le complexe "Love like a sunset" déploie patiemment sa mélodie sur fond de visuels à la Kraftwerk, assez bluffant dans le genre.

On les savait maniaques du son en studio, la perfection est également de mise sur scène, c'est puissant mais jamais lourd, groovy mais jamais vulgaire, une leçon de hits calibrés qui nous font danser depuis 10 ans déjà.

En tant que fan absolu des deux premiers disques, je suis évidement un peu déçu de ne pas y entendre, format festival oblige, quelques incontournables à la "Run run run" ou "Too young", mais on aura quand même droit à quelques uns des classiques des débuts.

L'inattendu "Funky Squaredance" en tête, avec son solo si borderline, une version musclée d'"If I ever feel better" (qui reste ma préférée), un "Everything is everything" dans son plus simple appareil.

Au rappel alors qu'on pensait avoir entendu tous les tubes récents, c'est le feu d'artifice "1901" qui se charge de clôturer en beauté ce set qui m'aura paru bien court pour le coup, mais redonné le sourire le temps d'une soirée.

(Photos C_Boo)

12 juil. 2010

Worldwide Festival 2010

Sète, 9 et 10 Juillet 2010.

Cela fait plusieurs années que j'avais envie de me rendre au Worldwide Festival, qui propose chaque été des affiches très classe concoctées par le grand Gilles Peterson, fidèle à l'esprit de ses émissions sur la BBC (diffusée en France sur Nova) avec des artistes soul, funk, hip hop, electro, pour la plupart peu connus ou rares dans le sud.

Les concerts étant déjà complets, ce sera entre deux après midi plage l'occasion d'aller aux plateaux dj's qui se déroulent au Phare du Mole, dans un cadre à taille humaine, plein à craquer avec une forte proportion d'Anglais en vacances.

Grosse déception en arrivant, l'annulation de dernière minute de deux artistes qui avaient motivé ma venue, les très doués Flying Lotus et Joy Orbison qui font suite au désistement la veille de Gil Scott Heron, une vraie série noire.

Qu'à cela ne tienne, il reste quand même du beau monde pour ce vendredi soir à commencer par Theophilus London, rappeur New Yorkais au flow felin et au jeu scénique très remuant.
Il n'a pas de dj avec lui mais les sons qu'ils proposent sont très variés, ses morceaux puisent autant dans la synth pop que les rythmes afro, quand ils ne détournent pas façon Spank Rock une vielle scie de Whitney Houston.

La suite est assez déroutante avec le producteur très chevelu Gonjasufi et son acolyte très barbu (et assez barbant) Gaslamp Killer au micro.
Déroutante parce que si le duo a plein d'idées sur disque, la cohérence de leur trip agressif et psychédélique sur scène est moins facile à appréhender.

Le son est très saturé, les enchainements manquent de fluidité, on ne s'ennuie jamais vraiment mais on ne sait pas trop sur quel pied danser, leur intransigeance et le coté fumeux de leurs titres en laissent pas mal sur leur faim.

Succès toujours au rendez-vous pour Laurent Garnier invité de dernière minute pour pallier aux annulations, avec un set qui comment classiquement house, efficace mais un peu trop linéaire à mon goût, la première heure m'a paru bien longuette.

Mais la seconde est plus ludique, avec l'hymne hi-NRG "You make me feel" de Silvester souligné par des effets de couleurs très gay puis un peu plus tard un remix dubstep du "I'm sorry" de Brenda Lee par les obscurs Woodhead & Blenda suivi du brutal "WTF" de Rusko, l'affaire prend une tournure inattendue.

Garnier joue alors des titres drum'n'bass percutants et est accompagné par Mc Dynamite qui se chargeait jusque là des transitions entre les groupes.
L'ambiance monte d'un cran et si le set sera trop long pour ne pas me faire décrocher, il aura quand même ravi la plupart.

La fin de la soirée est présentée par Peterson comme le futur de la scène club Anglaise, avec SBTRKT, dj masqué aux sonorités renversantes.

Le début de son mix propose un panel de tout ce qui se fait de plus excitant et neuf, des beats concassés et abrasifs qui font très mal à cette heure avancée de la nuit, alors qu'une pluie fine ne décourage pas les derniers fêtards.

Son re-edit du "Everything in its right place" de Radiohead, en particulier, bluffe tout le monde.
Il est rejoint par le chanteur Sampha qui vient ajouter une touche soul à une série de titres puissants sans doute à paraître dans les mois à venir, à surveiller de près.

Le lendemain on arrivera un peu trop tard pour apprécier le mix disco house de Kyle Hall et on sera assez déçu par les dOP. pourtant précédés d'une belle réputation.

Leur deep house avec moult samples de cuivres et percussions sonne bien mais leur chanteur, passablement éméché, gâche et parasite l'ensemble.

On s'amuse de le voir gesticuler en caleçon Elmo (de Sesame Street) puis de dégrafer la robe d'une spectatrice et se retrouver à poil quelques minutes mais n'est pas Iggy Pop qui veut, c'est assez poussif.

Un flop heureusement vite oublié avec le long set (plus de deux heures) de Josh Wink dont je m'étais voulu d'avoir raté le récent passage à la Fiesta des suds. et qui est parfait du début à la fin.

Techniquement irréprochable mais également plein d'âme, varié, dansant, hypnotique, un vrai bonheur qu'on soit fou d'acid house ou juste amateur de bonne dance music.

Surtout qu'au rappel l'Américain joue son mythique "Higher State Of Consciousness" qui reste toujours aussi jouissif 15 ans après sa sortie.

20 juin 2010

The Last + Nation All Dust

Poste à Galène, 19 Juin 2010

Si après une semaine pluvieuse au son des Vuvuzelas, vous vous êtes dit "J'entends plus la guitare", c'est au Poste à Galène qu'il fallait être ce samedi pour une belle affiche rock proposant des retrouvailles et une découverte.

De 2004 à 2006 on plaçait de gros espoirs en Nation All Dust sur la foi de premières parties convaincantes et parfois incandescentes.

Un feu malheureusement éteint prématurément avec l'éparpillement géographique et artistique de ses membres qui se reforment le temps d'un one shot aussi bref que puissant.

A l'image de tout ces idoles qui rejouent dans leur intégralité leurs albums cultes (du genre Lou Reed plays "Metal Machine Music", Peter Hook plays "Unknown Pleasures", pour Big Soul plays "Big Soul" on attendra un peu), on se demandant pour la blague si notre quatuor allait jouer son unique EP dans le même ordre ou pas.


Dès les premiers riffs acérés de "Should I care" on retrouve en tout cas l'énergie intacte et pétaradante du groupe, comme s'il n'y avait pas eu de longue pause depuis leur dernière date.
On avait un peu oublié avec la retenue de son escapade folk (Oh! Tiger Mountain) que leur frontman se lâchait autant jusqu'à se jeter façon Cobain sur la batterie à la fin de leur set.
Le final avec une version nerveuse du fameux "Little red cells" était bien savoureux, mais d'aucuns auront trouvé ce retour bien trop court.

Changement de style assez saisissant avec The Last, dont j'entends et lis le plus grand bien depuis quelques temps.
Ambiance très fin d'année scolaire avec un public de tout age déjà acquis à leur cause.

Là où la première partie nous a délivré un son très Américain, ceux là semblent bien plus influencés par la power pop et le rock Anglais.
Des références parfois un trop flagrantes mais pas grand chose à déplorer sur leur exécution, ça joue bien, avec des ruptures de rythme bien maîtrisées.

Avec quelques tubes potentiels (mais bien incapable d'en énumérer les titres, il n'y en a qu'un seul sur leur myspace) pour qui aiment les Arctic Monkeys voire les Libertines lorsqu'ils se partagent le micro.
Ils semblent néanmoins capables de jouer des choses plus détachées, comme ce blues très lascif au rappel.

L'inévitable soirée années 80 du samedi étant prévue juste après ils ne joueront pas beaucoup plus que ceux qui les ont précédés, mais laissent une bonne première impression.
Bon point en tout cas pour l'équipe du Moulin d'avoir rassemblé dans une salle correctement sonorisée ces deux formations qui confirment si besoin est que, jeunes ou moins jeunes, la scène rock à Marseille mérite d'être exposée.

(photos Amandla)

14 juin 2010

Seconde Nature 2010

Fondation Vaserely, 12 Juin 2010.

Bien content que le festival Aixois Seconde Nature ait pu se remettre de l'annulation de dernière minute l'an dernier.
Pour qui apprécie un tant soit peu les musiques électroniques, c'est un des rendez vous forts de l'année dans le sud et c'eut été dommage d'être privés de cette 4ème édition encore une fois très défricheuse.

C'est l'occasion de retrouver l'Espace Vasarely et sa pelouse, cadre idéal pour chiller et danser selon les artistes avec un bémol par rapport à l'édition 2008 à la cité du livre, couvre feu à 2h qui impose d'arriver relativement plus tôt qu'aux habitudes marseillaises.

Pas pu me rendre au soir précédent (où ont du briller les formidables Andromakers et Anything Maria) et arrivé trop tard pour Oh! Tiger Mountain, il m'est cette fois difficile de parler des artistes locaux programmés, mais leur présence au générique est déjà une preuve de gout.

Rien retenu de la performance semble t'il assez cérébrale de Moritz Von Oswald Trio, occupé comme beaucoup à discuter avec amis, habitués, bénévoles (super accueil au passage) avec un œil sur Angleterre-USA.

Le premier live qui attire l'attention générale est celui, redoutable, de Matias Aguayo.
Une electro pop à la fois exigeante et accessible, diablement sensuelle et hédoniste avec un équilibre rare entre voix, machines et instruments organiques.



Le chant souvent en espagnol et les percussions donnent évidement un coté tropical au set du Germano-Chilien entouré de deux acolytes aussi déchaînés que lui.

La sauce prend dès les première mesures, entre minimale et house, et ne retombe jamais, les morceaux s'enchainent avec fluidité et ravissent le public massé devant la scène.
Pas encore eu l'occasion de voir d'autres artistes Kompakt pour comparer mais celui là m'a vraiment enthousiasmé.

Nettement moins accroché à la prestation de Pantha Du Prince dont j'aime pourtant les disques.
Après le trip précédent muy caliente, il aurait été je pense plus judicieux de le programmer avant.

Sa musique n'est pas des plus immédiates et l'ambiance est bien trop progressive pour me captiver d'emblée.
Les premiers morceaux en tout cas, refroidissent un peu par leur apparente austerité, et si ça devient plus remuant par la suite, je reste un peu sur ma faim.

Jamais entendu un seul titre de Redshape avant ce soir, et bien content d'être resté : une excellente surprise.
Derrière son masque rouge entre Fantomas et Fuzati, ce Berlinois a de la suite dans les idées et un son massif, hypnotique, percutant.



Plébiscite unanime et ambiance à son paroxysme avec des montées, breaks et beats qui tapent fort, plus ô joie un remix furieux du classique "Good life" d'Inner City.

On ne pouvait pas mieux finir cette soirée inégale mais dans l'ensemble à la hauteur des précédentes et on l'espère des prochaines.

Gizelle Smith and the Mighty Mocambos

Cabaret Aleatoire, 10 Juin 2010.

Beau concert proposé par l'équipe du Moulin mais date un peu risquée pour remplir le Cabaret Aléatoire un jour de semaine : avec seulement un album distribué il y a peu en France, Gizelle Smith ne s'est pas encore fait un nom auprès des amateurs pourtant nombreux de funk à Marseille .

Le manque d'aficionados sera bien le seul gros bémol de cette prestation plaisante, qui aurait mérité une ambiance à la hauteur du show proposé par l'Anglaise, accompagnée comme sur son premier disque des Allemands de The Mighty Mocambos.

Connaissant assez peu le dit LP je serais bien incapable de me remémorer l'ordre des morceaux, dont l'enlevé single "Working woman" donne bien le ton d'entrée.
Un son vintage mais loin d'être poussiéreux, aux cuivres aussi chaleureux que la voix parfaite de la miss.

Et pour ne rien gâcher, Giselle Bünchen n'est plus la seule à rendre ce prénom sexy, sa ligne vertigineuse ayant autant ému les mâles que rendu jalouses certaines.

Peu de chansons lentes, le rythme soutenu dès le départ ne souffre d'aucun temps mort et ne laisse pas d'autre choix que de remuer du popotin.

Si son répertoire est ultra référencé 70's, on n'y entend à priori pas de reprises (ou alors de très obscures) si ce n'est pendant l'interlude instrumental classieux de son groupe.
C'est à ce moment là que l'on sait ce que fait sur scène cet énorme steel drum : pour une relecture irrésistible du vieux "PIMP" du Bacao Rhythm & Steel Band samplé par 50 Cent avec le succès que l'on sait.

Un très bon moment où l'efficacité de la section rythmique n'en est que plus flagrante, ces musiciens ont une classe doublé d'un sens du groove qui sont pour beaucoup dans la réussite de ce concert.

Lorsque l'Anglaise revient moulée dans une tenue Paul's Boutique on est quand même contents de la retrouver cela dit, et très disposés à la revoir aussi bien accompagnée à l'avenir.

Des photos et vidéos du concert ICI

10 juin 2010

La Pompe Moderne

Poste à Galène, 5 Juin 2010.

Il est des concerts auxquels on a un peu peur de s'ennuyer, d'autres où l'on est à peu près sûr de bien s'amuser.
Celui des inénarrables La Pompe Moderne fait assurément partie de la seconde catégorie.

Affiliés à l'excellent label Les Disques Bien (Flop, Tante Hortense...), et jouant parallèlement dans d'autres formations (Nevechehirlian entre autres) ces plaisantins ont plus que rempli leur mission.

Ils s'appelaient il y a quelques années The Brassens mais la famille du Sètois n'a visiblement que peu gouté à leur concept abracadabrant : reprendre des tubes bien connus et souvent récents à la manière du grand Georges.

Avec fausses moustaches et trémolo dans la voix, on croirait presque à son improbable retour, jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'il commence avec du Amel Bent.
Viser la lune, ça ne les fait pas peur, mais toujours le poing levé, pas plus que de jouer les catins, détournant le classique de Mylène Farmer façon pervers pépère.

"Antisocial" est moins une reprise poussive de Trust qu'un medley de droite glaçant, passant du "Né ici" de Doc Gyneco au "Bon temps des colonies" de Sardou, dans le genre il n'y a guère que les trublions de Groland pour manier avec culot cet humour-là.

Que serait un bon cover band sans un hommage iconoclaste au roi de la pop disparu il y a presque un an ?
Chez eux ça donne une adaptation littérale de "Thriller", qui filerait presque les "Chocottes".

Les traitements les plus hilarants sont souvent des traductions donnant un éclairage inédit à des hits Anglophones, tels "Toxic" de Britney ou "Walk like an Egyptian" des Bangles.
Le summum du ridicule/sublime étant quand même atteint avec "Pas de limites", adapté de l'hymne des 2 Unlimited qui a traumatisé plus d'une génération d'auto tamponneuses.

La musique urbaine n'est pas oubliée pour autant, le slam "C'est du lourd" dénonce grave, bien que ce qui importe le plus à nos braves moustachus, c'est de kiffer la vibe, "DJ".

Le rappel est l'occasion de se remémorer le virevoltant "Yéké Yéké" de Mory Kanté et de découvrir (pour ma part en tout cas) le tordu "20 Francs" de David Lafore, clin d'oeil à un musicien bien d'ici.

Au délà de la blague, accentuée par des chœurs cartoonesques, on a quand même affaire à des musiciens très appliqués, lorsqu'ils s'attaquent à du Daft Punk, c'est pas loin d'être aussi dansant que les originaux.

Ils regretteront un peu que le public, partagé surprise et rire contenu, ne se reveille vraiment qu'à ce moment là, mais viendront quand même nous rejouer "Chocottes".