13 août 2010

The Rapture, Omar Souleyman, tUne-YarDs, The Death Set

Terrasse du palais des festivals, 12 Août 2010.

"Cannes, deuxième jour du festival".

Une soirée pleine de bonnes surprises, placée sous le signe de la découverte et de l'inattendu.
Ayant déjà vu deux fois The Rapture et ne connaissant pas le reste de l'affiche, ma venue s'est un peu décidée au dernier moment, enthousiasmé par la soirée de la veille.

Les sales gosses de The Death Set ouvrent le bal devant un public clairsemé et sans doute pas préparé à une telle baffe.

Drôle de groupe basé à Brooklyn, qui évoque des Beastie Boys circa Licensed to Ill qui auraient le même dealer que les Sleigh Bells.

Le trio joue un punk abrasif mâtiné de hip hop cradingue, avec un batteur sosie de Lil Jon, un guitariste taciturne et un leader qui vocifère et gesticule dans tous les sens, renverse tout sur son passage au grand dam des techniciens sur le qui-vive, escalade le montant gauche de la scène.

Du gros n'importe quoi bourré de samples crunk et de guitares papier de verre aussi agressives que jouissives.
Ils finissent avec une reprise du "Territorial Pissings" de Nirvana version déchiquetée, comme si l'originale ne l'était déjà pas assez.

Un petit tour du coté dj, ce soir ce sont les filles d'In The Garage qui ambiancent avec de l'electro punk allant de FM Belfast à des oldies style Gang Of Four, classe.

Le deuxième groupe est un duo encore plus étonnant, c'est même un des concerts les plus étranges vus depuis longtemps.
Impossible d'étiquetter la musique de tUne-YarDs, mais passionnant à regarder.
Un bassiste somme toute très discret et surtout une chanteuse hors norme, dont le chant vertigineux peut aussi bien sonner Africain ou Tyrolien.

Photo © NewRelease.fr

Multi instrumentiste, elle est très à l'aise pour démultiplier via des pédales sampler des sonorités tribales et hypnotiques.
Elle martyrise aussi une mini guitare mais c'est surtout avec ses percussions qu'elle construit des échafaudages soniques qui s'avèrent étonnamment mélodiques.

Une écoute de son dernier album en écrivant cette chronique me pousse à conseiller de la voir d'abord en live.
En effet, aucun enregistrement ne peut vraiment retranscrire et rendre justice à sa performance hautement expérimentale.

Sans conteste la révélation de ce deuxième soir.



Quoique la programmation d'Omar Souleyman juste avant la tête d'affiche est sacrément culottée, sa musique de mariage extirpée de Syrie semble à la base bien éloignée des autres groupes du soir.


Chose peu commune, c'est le boss du label Sublime Frequencies spécialisé dans les curiosités world, qui vient présenter le bonhomme et ses musiciens.
Lunettes noires, moustache et Keffieh, le choc est d'abord visuel et la lente incantation des premières minutes laisse le public médusé.

Mais très vite, on comprend la hype qui l'entoure depuis ses premières dates en occident : accompagné d'un guitariste frénétique et d'un clavieriste/beatmaker inventif qui a du écouter beaucoup de house, folklorique ou pas ce Dabke, c'est sacrément dansant.
Il faut le voir pour le croire, l'hystérie s'empare des premiers rangs qui sautent avec frénésie sur ces chansons dépaysantes et diablement efficaces.

Tout le monde n'est pas forcément accroc, ce qui est bien normal, mais l'ambiance est globalement surréaliste et ne retombe jamais.

Pas forcément quelque chose que j'écouterai en boucle ensuite mais une prestation marquante et recommandée.

Du coup avec tous ces ovnis sonores, le concert final de The Rapture aura été en comparaison sans aucune surprise. Mais néanmoins excellent.

Photo © NewRelease.fr

On pouvait s'interroger de la tournure qu'allait prendre la formation après le départ du bassiste et co-chanteur Matt Safer, s'inquiéter un peu de ce que le groupe avait dans le ventre après plusieurs années de silence radio.

Eh bien si le coté un peu DIY de leurs débuts semble avoir disparu, le combo a gagné en efficacité et les morceaux que l'on connaît pourtant par cœur s'en trouvent encore améliorés.

La version de "Killing" de ce soir en est un bon exemple, tout comme l'enchainement tueur "Whoo! Alright, Yeah…Uh Huh" / "House of jealous lovers".


Un petit inédit en attendant l'album prévu en 2011, "Sail away", pas mal, et puis un titre pas encore entendu en live, le très r'n'b "No sex for Ben" apparu sur une B.O. de jeu vidéo il y a une paire d'années.

Si le set était résolument rock, c'est quand même avec leur très new wave "Olio" qu'ils quittent la scène non sans nous avoir fait bruler moult calories une heure durant.

Décidément une chouette soirée.

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